Une bonne liqueur, c'est un fruit, une plante ou une épice mis en bouteille avec assez de sucre pour arrondir, mais pas au point d'étouffer l'arôme. Notre sélection de liqueurs fait la part belle aux maisons françaises et italiennes, de la crème de cassis de Dijon au limoncello, avec quelques curiosités de bar que les barmans adorent.
Liqueur ou crème de fruits : ce que dit vraiment l'étiquette
Le mot n'est pas décoratif. Selon la réglementation européenne, une liqueur doit contenir au moins 100 g de sucre par litre. Pour avoir droit au nom de « crème de », il en faut 250 g, et la crème de cassis monte à 400 g minimum. Voilà pourquoi une crème de mûre ou de fraise des bois a cette texture presque sirupeuse, alors qu'une liqueur de sureau ou d'agrumes paraît plus légère. Retenez simplement ceci : une crème se boit rarement pure, elle s'allonge.
Les crèmes de Bourgogne et la liqueur de cassis de Dijon
La crème de cassis est née à Dijon en 1841, quand Auguste Denis Lagoutte a eu l'idée de faire macérer des baies de cassis dans l'alcool. Maison Briottet, dont l'histoire remonte à 1836 et que la même famille dirige depuis six générations, en a fait sa spécialité, en version classique à 15 % ou premium à 20 %. La maison décline aussi mûre, framboise, griotte, pêche de vigne, poire Williams, violette, pain d'épices ou caramel à la fleur de sel. Merlet, distillateur charentais depuis 1850, propose ses propres crèmes et une gamme C2 qui mêle fruit et cognac, tandis que Miclo et les Caves des Hautes Côtes à Beaune complètent le rayon des crèmes de fruits.
Liqueurs de plantes, d'agrumes et de bar pour vos cocktails
Côté plantes, l'Élixir Végétal de la Grande-Chartreuse reste un monument. Sa recette vient d'un manuscrit confié aux Chartreux en 1605 et assemble 130 plantes, dont seuls deux moines connaissent la liste. Les Pères Chartreux signent aussi un génépi et une gentiane. Pour l'Italie, pensez au limoncello de Pallini, à l'Italicus Rosolio di Bergamotto ou aux amarettos d'Adriatico.
Les liqueurs des barmans
Tempus Fugit a remis au goût du jour des recettes anciennes : crème de cacao, crème de menthe glaciale, crème de noyaux ou liqueur de violettes, indispensables pour un Aviation ou un Grasshopper. Le Dry Curaçao de Pierre Ferrand, élaboré avec du cognac, donne un Mai Tai plus sec et plus précis. Pour composer un apéritif, associez ces liqueurs à un vermouth italien ou français, allongez-les avec un gin sec et floral, ou parcourez l'ensemble de nos spiritueux pour compléter le bar.
Questions fréquentes sur la liqueur et les crèmes
Comment servir une liqueur de cassis ?
Le grand classique reste le kir, qui doit son nom au chanoine Kir, maire de Dijon : un trait de crème de cassis dans un verre de bourgogne aligoté bien frais. Remplacez le vin blanc par un crémant ou un champagne et vous obtenez un kir royal.
Que faire avec une liqueur de sureau ?
La liqueur de fleur de sureau, comme celle de Briottet ou le Fifrelet de Merlet, s'allonge avec un vin effervescent et de l'eau gazeuse, sur beaucoup de glace et une feuille de menthe. Elle se marie aussi très bien avec le gin dans un cocktail court.
Quelle différence entre crème de pêche et liqueur de pêche ?
C'est surtout une question de sucre : la crème en contient davantage, donc plus de rondeur et une texture plus épaisse. La crème de pêche de vigne, faite avec ces petites pêches rouges des vignobles, a un parfum plus intense qu'une pêche classique.
Comment conserver une liqueur une fois ouverte ?
Debout, bouchée, à l'abri de la lumière et de la chaleur. Les liqueurs de plantes tiennent longtemps, mais une crème de fruits perd de sa fraîcheur au fil des mois : gardez-la au frais et finissez-la dans l'année.