L'albariño est le blanc de l'Atlantique. Pêche blanche, agrumes, fleurs, une acidité vive et une finale saline : c'est le vin qu'on imagine avec un plateau de fruits de mer face à l'océan. Qu'il vienne de Galice sous le nom d'albariño ou du nord du Portugal sous celui d'alvarinho, c'est le même raisin, et l'un des blancs les plus faciles à aimer.
L'albariño de Rías Baixas, en Galice, au bord de l'océan
En Galice, au nord-ouest de l'Espagne, il règne sur l'appellation Rías Baixas, née en 1988 le long des rias, ces bras de mer qui entaillent la côte. Elle couvre aujourd'hui un peu plus de 4 300 hectares répartis en cinq sous-zones : Val do Salnés, Condado do Tea, O Rosal, Soutomaior et Ribeira do Ulla. Sur des sols de granite bien drainés, sous un climat frais et humide, les vignes sont souvent conduites en pergola, haut au-dessus du sol, pour laisser circuler l'air.
Val do Salnés, O Rosal et Condado do Tea
Le Val do Salnés, autour de Cambados, est le cœur historique : les blancs y sont les plus tendus et les plus iodés. C'est là qu'Alberto Nanclares et Silvia Prieto cultivent en bio de vieilles vignes sur des sables de granite décomposé, pour des albariños droits et taillés pour la garde. O Rosal, à la frontière portugaise, donne des vins plus floraux, et le Condado do Tea, la sous-zone la plus chaude et la plus éloignée de la mer, des blancs plus mûrs et plus ronds. Viña Nora, Granbazán, As Laxas, Albamar, Paco & Lola ou Mar de Ons en sont de beaux exemples, à découvrir aussi parmi nos vins espagnols.
L'alvarinho du Minho, l'autre visage de l'albariño
De l'autre côté du fleuve Minho, le même raisin s'appelle alvarinho et fait les meilleurs Vinho Verde. Monção e Melgaço, la sous-région la plus septentrionale du Portugal, en est la terre d'élection : abritée des vents de l'océan par les montagnes, plus chaude et plus sèche en été, elle donne des blancs plus amples, capables de vieillir dix ans et plus. Quinta de Azevedo l'assemble parfois au loureiro, et Luis Seabra en tire un Granito Cru très minéral. Voyez aussi nos vins portugais.
L'albariño ailleurs dans le monde
Le cépage voyage bien dès qu'il garde un pied près de l'océan. En Uruguay, Bodega Garzón le cultive près de Punta del Este, sur la côte atlantique, où les brises marines gardent les raisins sains, et en a fait son blanc emblématique. En Californie, quelques vignerons s'y essaient aussi, jusqu'à en faire un vin orange.
Comment servir et accorder un vin d'albariño
Servez-le frais mais pas glacé, vers 9 à 11 °C : trop froid, il perd son parfum. Le réflexe, ce sont les fruits de mer : huîtres, moules, crevettes grises, poulpe à la galicienne. Il va aussi très bien avec un poisson grillé, un ceviche, des sushis ou une cuisine thaïe peu pimentée. Les cuvées élevées sur lies ou issues de vieilles vignes tiennent tête à une sole meunière ou à un turbot. Pour un blanc de même fraîcheur mais plus aromatique, jetez un œil au sauvignon blanc.
Questions fréquentes sur l'albariño et l'alvarinho
Albariño et alvarinho, est-ce le même cépage ?
Oui. Albariño est le nom galicien, alvarinho le nom portugais. Le raisin est le même de part et d'autre du Minho, avec un style souvent plus tendu en Rías Baixas et un peu plus ample à Monção e Melgaço.
Quel goût a un albariño de Rías Baixas ?
Pêche blanche, agrumes, fleurs blanches, une acidité vive et une finale saline, presque iodée. Les versions élevées plus longtemps sur lies gagnent en texture et en notes de fruits secs.
L'albariño se garde-t-il ?
On le boit volontiers jeune, dans les deux ou trois ans, pour sa fraîcheur. Les vieilles vignes du Val do Salnés et les meilleurs alvarinhos de Monção e Melgaço évoluent très bien sur cinq à dix ans.